Dans notre album mental d’images d’Épinal, la page Chine est plutôt bien fournie: s’y côtoient des temples aux toits recourbés; des rizières, en terrasses ou non; des chapeaux de bambou pointus; des bols de riz et des baguettes; la grande muraille, évidemment; des dragons sinueux, des lanternes rouges, des cerfs-volants; etc. Et, parmi elles, on trouve également les fameux vases Ming, tel par exemple celui dans lequel Tintin apparaît caché sur la première de couverture du Lotus Bleu !
Le mardi 11 novembre dernier, nous nous sommes rendus à JingDeZhen, située à environ quatre-vingts kilomètres à l’est de LuShan. Cette petite ville dont je n’avais jamais entendu le nom est pourtant celle qui produit depuis plus d’un millénaire (!) les céramiques les plus convoitées du pays.
En 1004, on y fabriquait déjà des vases et des pots depuis des lustres, essentiellement à cause de la texture particulière de l’argile local ; mais, cette année-là, un décret de l’empereur Zhen Zong établissant que, désormais, seules les porcelaines provenant de JingDeZhen seraient autorisées à orner les tables de sa cour, a scellé le sort de cette cité. Quelques cinq siècles plus tard, précisément sous la dynastie des Ming, son industrie a atteint son apogée grâce à la perfection des pièces produites, éclatantes et translucides. De nos jours, cette activité économique occupe la moitié des habitants de la ville, qui possède l’unique institut d’enseignement de la céramique du pays.
L’après-midi s’est avérée suffisante pour que nous fassions le tour de JingDeZhen. Aussi le soir avons-nous décidé de prendre un train en direction de TunXi, dans la province de l’AnHui; en direction en fait des superbes montagnes du massif de HuangShan. Mais cela, ce ne sera à découvrir que prochainement…